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Écart de productivité entre les sexes dans l'agriculture africaine : une opportunité de développement de plusieurs milliards de dollars négligée

Une étude récente de la Banque mondiale montre que la productivité des agricultrices en Afrique subsaharienne est inférieure de 7 % à 77 % à celle des hommes, ce qui entraîne des pertes économiques de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année. Combler cet écart permettrait non seulement d'améliorer la sécurité alimentaire, mais aussi de réduire considérablement la pauvreté et de favoriser une croissance inclusive.

L'écart de productivité entre les sexes dans l'agriculture africaine : une opportunité de développement de plusieurs milliards de dollars négligée

L'agriculture a longtemps été considérée comme le moteur central de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne. Cependant, un rapport d'étude récemment publié par la Banque mondiale indique que le potentiel agricole de ce continent est loin d'être pleinement exploité – la clé réside dans la réduction de l'écart de productivité entre les sexes qui persiste depuis longtemps.

Faits essentiels : l'écart n'est pas un problème de capacité, mais une inégalité structurelle

Cette étude, menée par le Laboratoire d'innovation de genre pour l'Afrique et le Groupe de recherche sur le développement de la Banque mondiale, s'appuie sur 23 ensembles de données représentatifs au niveau national provenant de 12 pays africains. Les résultats montrent que la productivité des agricultrices est inférieure de 7 % (Guinée) à 77 % (Tchad) à celle des hommes, et même après contrôle de l'éducation, de la taille de l'exploitation et des caractéristiques familiales, l'écart reste compris entre 4 % et 62 %. Le rapport souligne que cet écart ne provient pas de différences de capacités, mais d'un accès systématiquement insuffisant des femmes aux ressources.

Cause première n°1 : segmentation sexuée de l'accès aux marchés des cultures de rente

L'étude indique que le choix des cultures est le principal facteur expliquant l'écart. Les femmes cultivent principalement des cultures vivrières à faible valeur, tandis que les hommes dominent les cultures d'exportation à forte rentabilité (cacao, café, coton, noix de cajou). Au Burkina Faso, le choix des cultures explique environ 17 % de l'écart de productivité ; en Côte d'Ivoire, au Malawi et en République démocratique du Congo, ce facteur contribue le plus. Cela signifie qu'intégrer les femmes dans les chaînes de valeur agricoles commercialisées pourrait considérablement augmenter les recettes d'exportation et la production totale sans étendre les terres cultivées.

Cause première n°2 : contraintes multiples liées au travail, à la technologie et au financement

Les agricultrices sont confrontées à des contraintes de travail spécifiques : les responsabilités familiales et les normes de genre rendent plus difficile l'accès à la main-d'œuvre familiale ou salariée pendant la saison agricole, et même leur propre travail a un rendement plus faible. L'écart dans l'utilisation d'intrants modernes tels que les engrais, les pesticides, les semences améliorées et la machinerie est frappant – au Nigeria, les agriculteurs masculins utilisent plus de huit fois plus d'engrais par hectare que les agricultrices. Au Burkina Faso, si la parité hommes-femmes était atteinte dans l'utilisation des engrais, des pesticides et de la machinerie, près d'un cinquième de l'écart de valeur de la récolte pourrait être éliminé.

La fracture numérique constitue un nouveau goulot d'étranglement : les femmes ont 37 % moins de chances que les hommes d'utiliser l'Internet mobile et ne représentent que 25 % des utilisateurs enregistrés sur les plateformes agricoles numériques. Alors que les gouvernements promeuvent les services de vulgarisation numériques et l'agriculture de précision, sans un soutien ciblé aux femmes, cet écart pourrait encore se creuser.

Retombées économiques : la valeur de la réduction de l'écart dépasse de loin les estimations

Le rapport cite une évaluation antérieure de la Banque mondiale : combler l'écart de productivité entre les sexes permettrait de sortir de la pauvreté environ 238 000 personnes au Malawi, 119 000 en Ouganda et 80 000 en Tanzanie. Les gains économiques annuels seraient d'environ 100 millions de dollars pour le Malawi, 105 millions pour la Tanzanie, 67 millions pour l'Ouganda, 1,1 milliard pour l'Éthiopie (soit 1,4 % du PIB) et 9,3 milliards pour le Nigeria (soit 2,3 % du PIB). Ces chiffres montrent clairement que l'égalité des sexes n'est pas seulement une question d'équité, mais une priorité pour la croissance macroéconomique.

Implications politiques et d'investissement : passer des subventions ponctuelles aux réformes structurellesPour les gouvernements et les partenaires de développement, le rapport souligne que les interventions combinées sont plus efficaces que les apports individuels : les programmes associant financement agricole, gouvernance foncière, inclusion numérique, garde d'enfants, changement de comportement et autonomisation économique des femmes ont prouvé qu'ils pouvaient accroître la participation des femmes aux cultures de rente, améliorer la productivité et augmenter les revenus des ménages.

Le secteur privé est également confronté à d'immenses opportunités commerciales : les entreprises agroalimentaires, les banques, les compagnies d'assurance, les fournisseurs de semences et de machines agricoles ainsi que les entreprises de technologie agricole peuvent développer des produits et services spécialisés destinés aux agricultrices. Cependant, il faut également prendre en compte les risques : précarité des droits fonciers, exclusion financière, faiblesse des infrastructures rurales et normes de genre qui entravent la participation des entreprises.

La dimension genre du changement climatique : un vide de recherche à combler de toute urgence

Les recherches indiquent que l'impact du changement climatique pourrait être plus grave pour les agricultrices, en raison de leur moindre capacité d'adaptation, de leur accès limité aux informations climatiques et de leur faible taux de couverture d'assurance. Pourtant, peu de projets évaluent actuellement des solutions d'adaptation au climat tenant compte du genre. Il s'agit d'une lacune majeure en matière de preuves, et d'une orientation clé pour la coopération internationale et les investissements futurs.

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  1. https://www.devdiscourse.com/article/other/3941095-world-bank-warns-africa-could-unlock-billions-by-closing-agricultures-gender-productivity-gapPrincipal

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